{"success":true,"data":"# La difficulté de la critique textuelle face à la masse de témoins\n\nParadoxalement, cette abondance de témoins rend le travail du textualiste presque impraticable, ou du moins le contraint à se transformer. En effet, le but traditionnel de la critique textuelle est de reconstituer l'arbre généalogique (on parle de *stemma*) des manuscrits afin de remonter progressivement jusqu'à l'archétype premier, aussi proche que possible de l'original.\n\n## Les limites du travail traditionnel\n\nBien que toujours grevé d'hypothèses, ce travail a souvent porté ses fruits. Cependant, la multiplication des témoins rend cette tâche extrêmement difficile, voire impossible. \n\n## La constitution de familles de manuscrits\n\nDans le cas du Nouveau Testament, les spécialistes ont cherché à constituer des familles de manuscrits. Depuis les travaux de K. Lachmann (entre 1830 et 1850), des méthodes d'analyse et de regroupement des témoins se sont développées. Ces méthodes s'appuient principalement sur le choix de lieux de variants significatifs, tels que :\n\n- La place de la péritrope de la femme adultère  \n- La présence de la finale longue de Marc  \n- La présence de certains versets chez Luc, etc.\n\n## L'évolution des méthodes et la remise en question du rêve originel\n\nProgressivement, le choix s'est affiné et le travail a avancé lentement. Cependant, le vieux rêve de reconstituer l'archétype semble désormais abandonné. En effet, le progrès de la recherche des textualistes, puis la découverte de nouvelles données, ont modifié cette perspective.","original":"Paradoxalement, cette masse de t&eacute;moins rend le travail du textualiste presque impraticable, ou alors il le contraint &agrave; se transformer. En effet, le but traditionnel de la critique textuelle est de reconstituer l'arbre g&eacute;n&eacute;alogique (on dit stemma) des manuscrits pour remonter progressivement jusqu'&agrave; l'arch&eacute;type premier, aussi proche que possible de l'original. Quoique toujours grev&eacute; d'une part d'hypoth&egrave;se, ce travail a souvent port&eacute; des fruits ; or la multiplication des t&eacute;moins le rend extr&ecirc;mement difficile, sinon impossible. Dans le cas du Nouveau Testament, les sp&eacute;cialistes se sont efforc&eacute;s de constituer des familles de manuscrits. Des m&eacute;thodes d'analyse et de regroupements des t&eacute;moins se sont d&eacute;velopp&eacute;es depuis les travaux de K. Lachmann entre 1830 et 1850 ; elles s'appuient essentiellement sur le choix des lieux variants significatifs (ainsi la place de la p&eacute;ricope de la femme adult&egrave;re, la pr&eacute;sence de la finale longue de Marc, la pr&eacute;sence de certains versets chez Luc, etc.). Peu &agrave; peu le choix s'affine et le travail progresse lentement, mais le vieux r&ecirc;ve de la reconstitution de l'arch&eacute;type para&icirc;t d&eacute;sormais abandonn&eacute;.\n\n3.3. En effet, le progr&egrave;s de la recherche des textualistes, puis la d&eacute;couverte des","raw":"# La difficulté de la critique textuelle face à la masse de témoins\n\nParadoxalement, cette abondance de témoins rend le travail du textualiste presque impraticable, ou du moins le contraint à se transformer. En effet, le but traditionnel de la critique textuelle est de reconstituer l'arbre généalogique (on parle de *stemma*) des manuscrits afin de remonter progressivement jusqu'à l'archétype premier, aussi proche que possible de l'original.\n\n## Les limites du travail traditionnel\n\nBien que toujours grevé d'hypothèses, ce travail a souvent porté ses fruits. Cependant, la multiplication des témoins rend cette tâche extrêmement difficile, voire impossible. \n\n## La constitution de familles de manuscrits\n\nDans le cas du Nouveau Testament, les spécialistes ont cherché à constituer des familles de manuscrits. Depuis les travaux de K. Lachmann (entre 1830 et 1850), des méthodes d'analyse et de regroupement des témoins se sont développées. Ces méthodes s'appuient principalement sur le choix de lieux de variants significatifs, tels que :\n\n- La place de la péritrope de la femme adultère  \n- La présence de la finale longue de Marc  \n- La présence de certains versets chez Luc, etc.\n\n## L'évolution des méthodes et la remise en question du rêve originel\n\nProgressivement, le choix s'est affiné et le travail a avancé lentement. Cependant, le vieux rêve de reconstituer l'archétype semble désormais abandonné. En effet, le progrès de la recherche des textualistes, puis la découverte de nouvelles données, ont modifié cette perspective.","cleaned":true,"job_id":"vps_1772442054_89c49288","section_id":29}