{"success":true,"data":"# Analyse des textes anciens\n\nPour toutes ces raisons, nous pensons que les textes sont longtemps restés « flottants ». Nous ignorons si la mise par écrit a donné lieu à une ou plusieurs éditions, ou si elle n'a pas connu très tôt des révisions, différentes selon les destinataires.\n\nIl est également indéniable que nos manuscrits des IIe et IIIe siècles comportent des variantes « volontaires », témoins des ardents débats christologiques qui ont enflammé les communautés chrétiennes.\n\nDe nombreuses corrections de type doctrinal visent à éviter de donner à Jésus des sentiments trop humains, comme la colère. Par exemple, dans Marc 1,41, seuls le codex de Bèze D05 et plusieurs manuscrits de la vieille Latin ont conservé la leçon « pris de colère », alors que la majorité de la tradition a adopté la leçon respectueuse et édulcorée « pris de pitié » !\n\nUne correction similaire en Jean 11,33 est visible à l'œil nu dans le papyrus p⁶⁶ : le manuscrit est gratté et maladroitement corrigé pour éviter à Jésus un trouble trop humain.","original":"Pour toutes ces raisons, nous pensons que les textes sont longtemps rest&eacute;s &laquo; flottants &raquo;. Nous ne savons pas si la mise par &eacute;crit a donn&eacute; lieu &agrave; une ou plusieurs &eacute;ditions, si elle n'a pas connu tr&egrave;s t&ocirc;t des r&eacute;visions, diff&eacute;rentes selon les destinataires... Enfin, il est ind&eacute;niable que nos manuscrits des IIe et IIIe si&egrave;cles comportent des variantes &laquo; volontaires &raquo;, reflets des ardents d&eacute;bats christologiques qui ont enflamm&eacute; les communaut&eacute;s chr&eacute;tiennes. Nombre de corrections de type doc&egrave;te visent &agrave; &eacute;viter de donner &agrave; J&eacute;sus des sentiments trop humains comme la col&egrave;re : ainsi en Marc 1,41, seuls le codex de B&egrave;ze D05 et plusieurs manuscrits de la vieille latine ont conserv&eacute; la le&ccedil;on &laquo; pris de col&egrave;re &raquo;, alors que l'immense majorit&eacute; de la tradition a adopt&eacute; la le&ccedil;on respectueuse et &eacute;dulcor&eacute;e &laquo; pris de piti&eacute; &raquo; ! Une correction du m&ecirc;me type en Jean 11,33 est visible &agrave; l'&oelig;il nu dans le papyrus p⁶⁶ : le manuscrit est gratt&eacute; et maladroitement corrig&eacute; pour &eacute;viter &agrave; J&eacute;sus un trouble trop humain !","raw":"# Analyse des textes anciens\n\nPour toutes ces raisons, nous pensons que les textes sont longtemps restés « flottants ». Nous ignorons si la mise par écrit a donné lieu à une ou plusieurs éditions, ou si elle n'a pas connu très tôt des révisions, différentes selon les destinataires.\n\nIl est également indéniable que nos manuscrits des IIe et IIIe siècles comportent des variantes « volontaires », témoins des ardents débats christologiques qui ont enflammé les communautés chrétiennes.\n\nDe nombreuses corrections de type doctrinal visent à éviter de donner à Jésus des sentiments trop humains, comme la colère. Par exemple, dans Marc 1,41, seuls le codex de Bèze D05 et plusieurs manuscrits de la vieille Latin ont conservé la leçon « pris de colère », alors que la majorité de la tradition a adopté la leçon respectueuse et édulcorée « pris de pitié » !\n\nUne correction similaire en Jean 11,33 est visible à l'œil nu dans le papyrus p⁶⁶ : le manuscrit est gratté et maladroitement corrigé pour éviter à Jésus un trouble trop humain.","cleaned":true,"job_id":"vps_1772442054_89c49288","section_id":38}