{"success":true,"data":"# La tâche de l'exégète du Nouveau Testament\n\nL'exégète doit d'abord établir le texte sur lequel il va travailler.  \n\nOr, dans le processus même d'établissement du texte, le choix d'une variante par rapport à une autre est en partie lié à la cohérence et à la compréhension globale du passage.  \n\nCe choix influence à la fois l'analyse littéraire et la lecture que proposera l'exégète.  \n\nAinsi, on peut se heurter à ce qui ressemble à un cercle vicieux : le choix de la variante étant dicté par la compréhension du texte, et la compréhension du texte dépendant de la variante choisie.  \n\nIl est donc essentiel que l'exégète soit conscient de cette situation.  \n\nDe plus, ce cercle peut, et doit, être évité sous deux conditions :  \n- que les tâches soient d'abord soigneusement distinguées  \n- que le dialogue entre le textualiste et l'exégète soit largement ouvert (ce qui est possible si ces deux rôles sont assumés par la même personne, à condition qu'elle sache entendre les points de vue propres à chaque discipline).\n\nUn exemple frappant de cette problématique est celui de la finale de l'Évangile de Marc (note 1).","original":"Ainsi l'ex&eacute;g&egrave;te du Nouveau Testament doit-il d'abord &eacute;tablir le texte qu'il veut travailler. Or, dans le processus m&ecirc;me d'&eacute;tablissement du texte, le choix d'une le&ccedil;on variante au d&eacute;triment d'une autre est pour une part li&eacute; &agrave; la coh&eacute;rence et &agrave; la compr&eacute;hension d'ensemble du passage ; ce choix va donc jouer un r&ocirc;le dans l'analyse litt&eacute;raire, puis dans la lecture que proposera l'ex&eacute;g&egrave;te. On bute ainsi sur ce qui pourrait s'apparenter &agrave; un cercle vicieux, le choix de la variante &eacute;tant command&eacute; par la compr&eacute;hension du texte, la compr&eacute;hension du texte s'appuyant sur la variante choisie. Il est donc essentiel que l'ex&eacute;g&egrave;te soit conscient de la situation. De plus, le cercle peut, et doit me semble-t-il, &ecirc;tre &eacute;vit&eacute; &agrave; deux conditions : que les t&acirc;ches dans un premier temps restent soigneusement distingu&eacute;es, que le dialogue ensuite soit largement ouvert entre le textualiste et l'ex&eacute;g&egrave;te (qui peut parfois &ecirc;tre la m&ecirc;me personne, si elle sait entendre les points de vue propres &agrave; chaque discipline).\n\nUn exemple frappant est celui de la finale de l'&eacute;vangile de Marc (note 1).","raw":"# La tâche de l'exégète du Nouveau Testament\n\nL'exégète doit d'abord établir le texte sur lequel il va travailler.  \n\nOr, dans le processus même d'établissement du texte, le choix d'une variante par rapport à une autre est en partie lié à la cohérence et à la compréhension globale du passage.  \n\nCe choix influence à la fois l'analyse littéraire et la lecture que proposera l'exégète.  \n\nAinsi, on peut se heurter à ce qui ressemble à un cercle vicieux : le choix de la variante étant dicté par la compréhension du texte, et la compréhension du texte dépendant de la variante choisie.  \n\nIl est donc essentiel que l'exégète soit conscient de cette situation.  \n\nDe plus, ce cercle peut, et doit, être évité sous deux conditions :  \n- que les tâches soient d'abord soigneusement distinguées  \n- que le dialogue entre le textualiste et l'exégète soit largement ouvert (ce qui est possible si ces deux rôles sont assumés par la même personne, à condition qu'elle sache entendre les points de vue propres à chaque discipline).\n\nUn exemple frappant de cette problématique est celui de la finale de l'Évangile de Marc (note 1).","cleaned":true,"job_id":"vps_1772442054_89c49288","section_id":4}