{"success":true,"data":"# Analyse du texte\n\n## Repérage des gloses et explications en marge\n\nUne première étape consiste à repérer les **« gloses »** ou explications ajoutées en marge, qui ont pu s'introduire dans le texte lors des copies successives.  \nIl s'agit d'une démarche proche de la critique verbale, mais souvent, il est nécessaire d'adopter les trois approches (textuelle, critique, contextuelle) pour une analyse complète.\n\n## La question de l’inscription dans la lettre aux Éphésiens\n\nLe début de la lettre pose la question suivante :  \nL’inscription porte dans tous les manuscrits que nous possédons la mention **« Aux Éphésiens »**.  \n\nCependant, Tertullien nous apprend que Marcion considérait cette lettre comme une **« Aux Laodicéens »**.  \n\nDans l’adresse aux destinataires (1,1), le complément **« à Éphèse »**, qui devrait suivre le participe du verbe être **« aux saints qui sont... »**, est absent dans plusieurs témoins importants :  \n- p⁶⁶, 8* (avant correction)  \n- B*  \n- 1739  \n- Marcion (d’après Tertullien), Origène, Basile  \n\nCe complément est ajouté dans la marge de 8 et de B, puis intégré dans le texte de A, D, F, G, la vieille latine et la Vulgate.  \n\nIl est important de noter que l’absence de l’article devant le participe dans p⁶⁶ rend le texte plus lisible : **« à ceux qui sont saints »**.  \n\n## La nature de la lettre et ses variantes\n\nIl s’agit probablement de la leçon la plus courte, la plus difficile, et peut-être la **« variante-source »**.  \n\nLa lettre pourrait-elle avoir été conçue comme une lettre circulaire envoyée aux Églises, chaque destinataire pouvant insérer son nom dans le texte ?  \nCe serait un cas unique, et il faudrait alors des attestations de destinataires plus nombreux.  \n\nL’absence initiale d’un destinataire précis a-t-elle été corrigée au cours du IIe siècle ?  \nÀ la fin de ce siècle, Irénée et le canon de Muratori la considèrent comme une lettre **« aux Éphésiens »** (note 15).","original":"1. Un premier travail consiste &agrave; rep&eacute;rer les &laquo; gloses &raquo; ou explications ajout&eacute;es en marge, qui ont pu p&eacute;n&eacute;trer dans le texte au cours des copies successives. On est alors &agrave; la fronti&egrave;re de la critique verbale, mais les trois approches se r&eacute;v&egrave;lent souvent n&eacute;cessaires. C'est la question que pose le d&eacute;but de la lettre aux &Eacute;ph&eacute;siens : l'inscriptio porte dans tous les manuscrits que nous poss&eacute;dons &laquo; Aux &Eacute;ph&eacute;siens &raquo;. Tertullien toutefois nous apprend que Marcion la tenait pour une lettre &laquo; Aux Laodic&eacute;ens &raquo;. Dans l'adresse aux destinataires de 1,1, le compl&eacute;ment &laquo; &agrave; &Eacute;ph&egrave;se &raquo;, qui devrait suivre le participe du verbe &ecirc;tre &laquo; aux saints qui sont... &raquo;, est absent de t&eacute;moins importants : p⁶⁶, 8* (avant correction), B*, 1739, Marcion d'apr&egrave;s Tertullien, Orig&egrave;ne, Basile ; il est ajout&eacute; dans la marge de 8 et de B ; il est enfin entr&eacute; dans le texte de A, D, F, G, la vieille latine et la Vulgate. Il faut noter que l'absence de l'article devant le participe dans p⁶⁶ rend le texte lisible : &laquo; &agrave; ceux qui sont saints &raquo;. C'est certainement la le&ccedil;on la plus courte, la plus difficile, et probablement la &laquo; variante-source &raquo;. La lettre se pr&eacute;sentait-elle comme une lettre circulaire envoy&eacute;es aux &Eacute;glises, chacune pouvant glisser son nom dans le texte ? Ce serait un cas unique, et nous devrions avoir des attestations de destinataires plus nombreux. L'absence premi&egrave;re de destinataire pr&eacute;cis a-t-elle &eacute;t&eacute; corrig&eacute;e au cours du IIe si&egrave;cle ? &Agrave; la fin du si&egrave;cle, Ir&eacute;n&eacute;e, puis le canon de Muratori la re&ccedil;oivent comme lettre &laquo; aux &Eacute;ph&eacute;siens &raquo; (note 15).","raw":"# Analyse du texte\n\n## Repérage des gloses et explications en marge\n\nUne première étape consiste à repérer les **« gloses »** ou explications ajoutées en marge, qui ont pu s'introduire dans le texte lors des copies successives.  \nIl s'agit d'une démarche proche de la critique verbale, mais souvent, il est nécessaire d'adopter les trois approches (textuelle, critique, contextuelle) pour une analyse complète.\n\n## La question de l’inscription dans la lettre aux Éphésiens\n\nLe début de la lettre pose la question suivante :  \nL’inscription porte dans tous les manuscrits que nous possédons la mention **« Aux Éphésiens »**.  \n\nCependant, Tertullien nous apprend que Marcion considérait cette lettre comme une **« Aux Laodicéens »**.  \n\nDans l’adresse aux destinataires (1,1), le complément **« à Éphèse »**, qui devrait suivre le participe du verbe être **« aux saints qui sont... »**, est absent dans plusieurs témoins importants :  \n- p⁶⁶, 8* (avant correction)  \n- B*  \n- 1739  \n- Marcion (d’après Tertullien), Origène, Basile  \n\nCe complément est ajouté dans la marge de 8 et de B, puis intégré dans le texte de A, D, F, G, la vieille latine et la Vulgate.  \n\nIl est important de noter que l’absence de l’article devant le participe dans p⁶⁶ rend le texte plus lisible : **« à ceux qui sont saints »**.  \n\n## La nature de la lettre et ses variantes\n\nIl s’agit probablement de la leçon la plus courte, la plus difficile, et peut-être la **« variante-source »**.  \n\nLa lettre pourrait-elle avoir été conçue comme une lettre circulaire envoyée aux Églises, chaque destinataire pouvant insérer son nom dans le texte ?  \nCe serait un cas unique, et il faudrait alors des attestations de destinataires plus nombreux.  \n\nL’absence initiale d’un destinataire précis a-t-elle été corrigée au cours du IIe siècle ?  \nÀ la fin de ce siècle, Irénée et le canon de Muratori la considèrent comme une lettre **« aux Éphésiens »** (note 15).","cleaned":true,"job_id":"vps_1772442054_89c49288","section_id":49}