{"success":true,"data":"# La fin de l'Évangile de Marc : manuscrits et interprétations\n\nQuelques manuscrits de la tradition égyptienne interrompent brutalement le texte à la fin du verset 8 (« en effet, elles avaient peur »).  \n\nPartout ailleurs, la tradition manuscrite ajoute une finale à l'Évangile, qui prend généralement la forme d'une longue conclusion. Cependant, dans au moins un manuscrit, cette finale consiste en une brève annonce kérygmatique.  \n\nLes deux finales se trouvent parfois ajoutées l'une après l'autre.  \n\nDans tous les cas, la finale longue présente une facture littéraire très différente du reste de l'Évangile de Marc et ne peut être la suite du récit qui s'achève en 16,8.  \n\n**Interprétation traditionnelle**  \nOn pensait que la finale de Marc avait été perdue lors de la transmission manuscrite. Très tôt, les communautés auraient alors substitué une finale comportant un résumé des apparitions du Christ ressuscité et de la première mission des apôtres.  \n\n**Questions soulevées par la tradition manuscrite**  \nCependant, plusieurs manuscrits de qualité de la tradition égyptienne (le Sinaiticus, le Vaticanus, le minuscule 304), une version syriaque ancienne (la syriaque sinaitique) et quelques autres versions (deux manuscrits coptes sahidiques) ont conservé le texte bref.  \n\nCela a suscité des interrogations.  \n\n**Rôle de la critique textuelle**  \nLa critique textuelle a été un moteur pour la recherche exégétique.  \n\nDes analyses plus fines du texte de Marc montrent que le caractère abrupt de cette fin correspond bien au projet de l'évangéliste, qui invite le lecteur à faire sa propre décision et à revenir sur le chemin difficile de la croix.","original":"Quelques manuscrits de la tradition &eacute;gyptienne interrompent brutalement le texte &agrave; la fin du verset 8 (&laquo; en effet elles avaient peur &raquo;). Partout ailleurs, la tradition manuscrite ajoute une finale &agrave; l'&eacute;vangile, qui prend g&eacute;n&eacute;ralement la forme d'une finale longue, mais qui dans un manuscrit au moins consiste en une br&egrave;ve annonce k&eacute;rygmatique ; les deux finales se trouvent aussi parfois ajout&eacute;es l'une &agrave; la suite de l'autre. Dans tous les cas, la finale longue a une facture litt&eacute;raire tr&egrave;s diff&eacute;rente du reste de l'&eacute;vangile de Marc et ne peut &ecirc;tre la suite du r&eacute;cit qui s'ach&egrave;ve en 16,8. Traditionnellement, on pensait que la finale de Marc avait &eacute;t&eacute; perdue dans la transmission manuscrite et que tr&egrave;s t&ocirc;t, les communaut&eacute;s lui avaient substitu&eacute; une finale comportant un r&eacute;sum&eacute; des apparitions du Christ ressuscit&eacute; et de la premi&egrave;re mission des ap&ocirc;tres. Mais le fait que plusieurs manuscrits de qualit&eacute; de la tradition &eacute;gyptienne (le Sina&iuml;ticus, le Vaticanus, le minuscule 304), une version syriaque ancienne (la syriaque sina&iuml;tique) et quelques autres versions (deux manuscrits coptes sahidiques) aient conserv&eacute; le texte bref a pos&eacute; question. Sur ce point, la critique textuelle a &eacute;t&eacute; un moteur pour la recherche ex&eacute;g&eacute;tique ; des analyses nouvelles et plus fines du texte de Marc montrent que le caract&egrave;re abrupt de cette fin r&eacute;pond bien au projet de l'&eacute;vang&eacute;liste, qui renvoie son lecteur &agrave; sa propre d&eacute;cision et l'incite &agrave; revenir au chemin difficile de la croix.","raw":"# La fin de l'Évangile de Marc : manuscrits et interprétations\n\nQuelques manuscrits de la tradition égyptienne interrompent brutalement le texte à la fin du verset 8 (« en effet, elles avaient peur »).  \n\nPartout ailleurs, la tradition manuscrite ajoute une finale à l'Évangile, qui prend généralement la forme d'une longue conclusion. Cependant, dans au moins un manuscrit, cette finale consiste en une brève annonce kérygmatique.  \n\nLes deux finales se trouvent parfois ajoutées l'une après l'autre.  \n\nDans tous les cas, la finale longue présente une facture littéraire très différente du reste de l'Évangile de Marc et ne peut être la suite du récit qui s'achève en 16,8.  \n\n**Interprétation traditionnelle**  \nOn pensait que la finale de Marc avait été perdue lors de la transmission manuscrite. Très tôt, les communautés auraient alors substitué une finale comportant un résumé des apparitions du Christ ressuscité et de la première mission des apôtres.  \n\n**Questions soulevées par la tradition manuscrite**  \nCependant, plusieurs manuscrits de qualité de la tradition égyptienne (le Sinaiticus, le Vaticanus, le minuscule 304), une version syriaque ancienne (la syriaque sinaitique) et quelques autres versions (deux manuscrits coptes sahidiques) ont conservé le texte bref.  \n\nCela a suscité des interrogations.  \n\n**Rôle de la critique textuelle**  \nLa critique textuelle a été un moteur pour la recherche exégétique.  \n\nDes analyses plus fines du texte de Marc montrent que le caractère abrupt de cette fin correspond bien au projet de l'évangéliste, qui invite le lecteur à faire sa propre décision et à revenir sur le chemin difficile de la croix.","cleaned":true,"job_id":"vps_1772442054_89c49288","section_id":5}