["## Analyse du texte\n\nLa première ligne attribue le texte à Balaam, « l’homme qui voit les dieux » ou « visionnaire des dieux ». La formule « admonitions du livre de Balaam, fils de Béor » pourrait indiquer une copie d’un ouvrage portant ce titre. La langue suggère que ce texte est beaucoup plus ancien, probablement contemporain d’Amos et d’Osée.\n\nL’inscription raconte la venue nocturne de divinités chez Balaam, suivie de ses pleurs le lendemain, suite à un message reçu d’un dieu, probablement Élam, dont le sanctuaire était à Pénuel (« face d’Élam »). Le contenu précis de ce message reste flou, mais il semble annoncer un malheur ou maudire des adversaires du dieu.\n\nLe voyant convoque alors les responsables du peuple, jeûne et pleure pendant deux jours, suscitant des questions. Il leur explique que les « Puissants » (les Sheddayin) ont tenu conseil, demandant à la déesse Shagar (ou peut-être Shamash, le soleil) de fermer les cieux avec des nuages sombres, afin de semer la panique parmi les animaux et les hommes.\n\nIl consulte divers oracles, prêtresses, et effectue des actions liturgiques. Plusieurs augures s’expriment, mais la confiance se porte finalement sur le sage, oint avec de l’huile d’olive pour présenter une libation.","## Contexte et Interprétation\n\nCe texte évoque des traditions locales autour du voyant Balaam, mentionné dans la Bible (Nombres 22–24). Balaam est associé à des malédictions et bénédictions, inscrites dans une tradition commune.\n\nDans la Bible, Balaam est un non-Israélite de Transjordanie, dont la profession est de prononcer des malédictions. Ses discours commencent par des mots proches de l’inscription :\n\n> « Oracle de Balaam, fils de Béor, oracle de l’homme au regard pénétrant, oracle de celui qui écoute les paroles de Dieu, celui qui voit ce que Shaddaï fait voir, et dont les yeux s’ouvrent » (Nb 24,3-4).","## Signification et implications\n\nL’inscription de Deir 'Alla suggère l’existence d’intermédiaires entre les dieux et les hommes dans la région palestinienne. Son état fragmentaire limite toutefois les conclusions. Elle offre un aperçu des pratiques divinatoires (incantations, magie, etc.), condamnées par Deutéronome 18,9-12, notamment chez les Moabites et Ammonites.\n\n**Note :** Ce document témoigne d’un riche patrimoine religieux et divinatoire, mêlant traditions locales, textes bibliques et pratiques magiques, illustrant la complexité religieuse de l’époque.","# L'inscription de la citadelle d'Amman\n\nSur l'une des terrasses dominant le Wadi Amman, la vallée entourant la vieille ville de la capitale jordanienne, se trouve l'acropole de la cité hellénistique et romaine. À l'époque hellénistique, Amman était une ville de la Décapole (Philadelphia).\n\nLes vestiges de temples romains révèlent des édifices construits sur un sanctuaire plus ancien dédié au dieu ammonite Milkom. En 1961, une inscription ammonite fut découverte au sud de ce site. La paléographie permet de dater cette inscription de la première moitié du VIIIe siècle avant notre ère. Son texte, très mutilé, comporte un oracle du dieu national Milkom (divinité ammonite). La reconstitution proposée est celle établie par A. Lemaire.","## L'inscription de la citadelle d'Amman\n\nSelon Milkom (lamed – kaph – mem) :  \n« Construis-toi des entrées détournées, car tous ceux qui t'encerclent mourront. Je les exterminerai, mais ceux qui entrent dans tout portique passeront la nuit le juste. Tu fixeras une porte avec un battant de térébinthe, car, en lui, si tu crains le(s) fils des dieux, paix et tranquillité seront pour toi et ta maison. »  \n\nLe destinataire de l’oracle n’est pas précisé. Il pourrait s’agir du roi d’Amman. La divinité lui donne ses instructions, apparemment pour la construction d’un temple, la victoire sur l’ennemi, et l’instauration de la paix."]